Keep Control

Keep Control

Pour travailler avec des EPI conformes chaque jour, il faut associer le rôle qu’à le porteur à celui de l’employeur qui se charge de fournir les équipements en bon état d’usage avec les consignes d’utilisation adaptées. Avec ce niveau d’information accessible, les porteurs peuvent effectuer le contrôle de leurs EPI avant chaque usage et respecter ces consignes.

Comment effectuer le contrôle de ses EPI ?

Ici, on parle bien du contrôle avant chaque usage des EPI par l’utilisateur. Cela suppose qu’une information spécifique concernant les risques de dégradation, d’usure prématurée, de mauvais entretien, ou encore de performance réduite, soient identifiés puis communiqués aux utilisateurs. On entre donc dans une difficulté de compréhension qui peut engendrer l’usage d’un EPI non-conforme, potentiellement dangereux à l’usage.


C’est d’ailleurs un risque identifié par la DGCCRF qui a effectué une analyse suite de contrôles réglementaires sur des EPI :

“Sur les 98 produits ciblés par la DGCCRF pour faire l’objet d’un prélèvement, 85 % se sont révélés non conformes dont 18 % présentaient une dangerosité. L’ensemble des produits dangereux ont fait l’objet de mesures appropriées pouvant aller jusqu’au rappel des produits concernés.”

Dans mon expérience en location-entretien de vêtements EPI, nous diffusions une consigne au poste de visitage dans la blanchisserie pour écarter les EPI qui n’étaient pas en conformité avec les règles du fabricant. Ce n’est pas viable à 100% puisque tous les EPI ne sont pas entretenus régulièrement. Certains ne reviennent même jamais au lavage ! C’est donc essentiel que le porteur ait les moyens d’effectuer ce contrôle lui-même, sans que cela se substitue à un contrôle réglementaire.

A quel moment engager la réforme d’un EPI ?


On peut dire que la fourniture d’EPI chaque année aux collaborateurs, n’empêche pas l’utilisation d’EPI usagés, non-conformes s’ils ne sont pas remplacés à l’usure. Cela suppose que la restitution soit effectuée à l’employeur, ce qui n’est pas toujours possible. La semelle d’une chaussure de sécurité ne s’use pas de la même façon pour tous les porteurs ! 


Certains EPI n’ont pas de date de péremption, de limite d’entretien. Il faut déterminer dans ce cas des critères non-équivoques, pour remplacer l’équipement à temps. On peut par exemple constituer une “défauthèque“ qui réunit les photos des niveaux d’usures des EPI à réformer et la rendre accessible via le QR Code d’identification dans l’EPI.


Pour d’autres types d’EPI, il s’agit de suivre les règles fixées par le fabricant. On pourrait croire que c’est plus simple, mais dans les faits, c’est très complexe. On fait référence à plusieurs critères comme la date de fabrication, la durée de stockage avant utilisation, la durée d’utilisation à partir de la fabrication ou la mise en service, le nombre d’entretiens, la périodicité de contrôle, le temps d’utilisation…. Ces informations sont-elles accessibles pour le porteur ?


Appliquer ces règles à un usage des EPI à l’extérieur de l’entreprise augmente la difficulté. Cela permet de comprendre pourquoi l’employeur renouvelle régulièrement des EPI qui ne font pas l’objet d’un suivi. Attention ; dans ce cas les porteurs risquent d’utiliser malgré tout d’anciens EPI sur le terrain…